Le 21 novembre 2018, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a recommandé aux chirurgiens de privilégier les implants mammaires lisses, en raison du risque de lymphome LAGC-AIM. Cet article, publié le lendemain, a été complété avec ce qui a suivi : l'interdiction de certains implants en avril 2019 et les dernières données françaises. Le Dr Germain fait le point sur ce risque rare et sur la pratique du cabinet. Un article distinct récapitule les recommandations sur les implants.
Prothèses texturées et LAGC-AIM : ce qu'a dit l'ANSM. Le 21 novembre 2018, l'ANSM a recommandé de privilégier les implants mammaires lisses ; en avril 2019, elle a interdit certains implants macrotexturés et les implants recouverts de polyuréthane. Le risque de lymphome reste rare.
- ›21 novembre 2018 : l'ANSM recommande aux chirurgiens d'utiliser de préférence des implants à enveloppe lisse.
- ›2 avril 2019 : interdiction et retrait de certains implants macrotexturés et des implants recouverts de polyuréthane, en vigueur le 5 avril.
- ›Pas de retrait préventif des implants en place : l'ANSM ne le recommande pas.
- ›121 cas diagnostiqués et confirmés en France au 31 décembre 2024 (ANSM, novembre 2025).
- ›Risque estimé par l'INCa en 2016 à une ou deux femmes sur 10 000 porteuses d'implants, sur dix ans.
- ›Intervalle médian entre la pose et le diagnostic : 7 à 10 ans selon les séries (INCa, 2019).
- ›Tout LAGC-AIM doit être déclaré sans délai à l'ANSM par le professionnel de santé.
- ›En cas de doute, le Dr Germain recommande de ne pas attendre.
La recommandation de l'ANSM : ce qu'elle dit
Le 21 novembre 2018, l'ANSM a recommandé aux chirurgiens d'utiliser de préférence des implants mammaires à enveloppe lisse, dans l'attente de l'avis d'un comité d'experts réuni en audition publique les 7 et 8 février 2019. Les experts qu'elle avait réunis constataient une surreprésentation des implants texturés parmi les cas de LAGC-AIM (lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires). L'agence rappelait aussi que le chirurgien doit informer chaque patiente des risques de l'implant, dont le LAGC-AIM, avant la pose.
Ce qui a suivi :
- Par décision du 2 avril 2019, en vigueur le 5 avril, l'ANSM a interdit et fait retirer du marché français certains implants macrotexturés (de texture équivalente à l'enveloppe Biocell d'Allergan) et les implants recouverts de polyuréthane
- Elle ne recommande pas de retrait préventif des implants déjà en place : le suivi habituel est préconisé, avec un examen clinique des seins chaque année et une imagerie si besoin
- Avant toute pose, un document d'information doit être remis à la patiente : surface de l'implant, durée de vie limitée, suivi
- Tout LAGC-AIM doit être déclaré sans délai à l'ANSM par le professionnel de santé : c'est une obligation de matériovigilance, rappelée par l'Institut national du cancer dans son avis d'experts du 15 février 2019
Le LAGC-AIM : une réalité rare mais à connaître
Le LAGC-AIM est un lymphome T rare qui se développe le plus souvent dans le liquide situé entre l'implant et la capsule fibreuse. Ce n'est pas un cancer du sein. Son lien avec les implants mammaires a été établi en 2015 par le groupe d'experts de l'Institut national du cancer. Pour l'ANSM, la texturation de certains implants est un facteur de risque : parmi les cas recensés en France, aucun des implants dont la surface est connue n'était lisse au moment du diagnostic.
Données disponibles à ce jour :
- 121 cas diagnostiqués et confirmés en France au 31 décembre 2024, en moyenne treize ans après la première implantation (analyse de l'ANSM, novembre 2025)
- Un risque estimé par l'INCa, en 2016, à une ou deux femmes sur 10 000 porteuses d'implants, sur dix ans, une estimation qu'il qualifie lui-même de très approximative (avis d'experts du 1er septembre 2016)
- Un intervalle médian de 7 à 10 ans entre la pose et le diagnostic, selon les séries (INCa, février 2019)
- Une survie à court et moyen terme qui « semble excellente », selon l'INCa (2019), quand la maladie est limitée à la capsule au moment du diagnostic ; le recul manque pour en juger à long terme
Dr Germain : « Ce risque, bien que rare, justifie une information complète de toutes les patientes. C'est pourquoi je consacre un temps spécifique à ce sujet lors de chaque consultation d'augmentation mammaire. Une patiente bien informée est une patiente qui peut surveiller les bons signes d'alerte. »
L'évolution de ma pratique
Depuis ces décisions, la pratique du cabinet est la suivante :
- Uniquement des implants marqués CE et autorisés en France : les modèles interdits en 2019 ne peuvent plus être posés
- Discussion systématique avec chaque patiente des avantages et inconvénients de chaque type de surface, l'ANSM recommandant de préférence les implants lisses
- Information précise sur les signes à surveiller et la conduite à tenir
- Suivi post-opératoire annuel systématique
Les signes d'alerte à ne pas ignorer
Contactez immédiatement votre chirurgien si vous observez :
- Un gonflement soudain d'un seul sein, surtout plusieurs années après la pose
- Des douleurs mammaires persistantes sans explication
- Un ganglion axillaire (aisselle) palpable
- Une modification de la forme ou de la consistance d'un sein
Ces symptômes ne signifient pas nécessairement un LAGC — ils ont le plus souvent une cause bénigne — mais ils nécessitent une consultation et une échographie mammaire rapides : l'échographie est l'examen de première intention, selon l'avis d'experts de l'INCa. Nous avons rassemblé par ailleurs les réponses aux questions sur les prothèses mammaires.
Le détail des tarifs figure dans le guide Prix d'une augmentation mammaire à Marseille. Voir aussi dans quels cas l'Assurance Maladie intervient.